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segunda-feira, 14 de setembro de 2020

 


   Et elles passaient si loin de vous, ces heures de songe, heures de profondeurs mystiques et sensuelles, qui fondaient en tendresses les caillots les plus amers de la douleur, heures de bonheur complet, qui abolissait le temps et le monde entier, longue gorgée aux sources de l' Oubli! Et je vous revoyais, Manuelita, ensuite: qui veilliez pâle et lontaine: vous, âme simple, fermée dans vos armes simples.
(...) Mais à présent, si vous le pouvez, sachez: je devais rester fidèle à mon destin; c' était une âme inquiète, celle dont je me souvenais toujours quand je sortais m' asseoir sur les bancs de la place déserte, sous les nuées en fuite. Elle était ce par quoi seul le rêve m' était doux. Elle était ce par quoi j'oubliais votre petit corps dangereux, tout adorable de sveltesse et de force. Et pourtant, je vous jure, Manuelita, je vous aimais, je vous aime et je vous aimerai toujours plus qu'aucune autre femme... des deux mondes.
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  Campana, Dino. Chants Orphiques. Paris: Éditions Allia, 2006, pp 86-87 (Traduit de l' italien et préfacé par David Bosc).
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domingo, 13 de setembro de 2020


Un moine décrépit, dans l' heure tardive, se traîne dans la pénombre de l'autel, silencieux dans son froc velu, et prie les prières de quatre-vingts ans d'amour. Dehors le couchant se trouble. Lointaines, des raies menaçantes de fer pésent sur les monts alentour. Le rêve est à son terme et l'âme, soudainement seule, cherche un appui, une foi dans l'heure triste. Au loin, on voit lentement sombrer les vigies mystiques et guerrières des châteaux du Casentino. Alentour, un grand silence, un grand vide dans la lumière fausse de froides lueurs qui vacillent sous les étreintes de la pénombre. Et la mémoire court encore vers les nobles dames aux bras blancs, à leurs balcons, lá-bas: comme dans un rêve: comme dans un rêve de chevalerie!
   Je sors: le parvis est désert. Je m'assois sur le muret. Des figures errent, des feux errent et s' éteignent: les moines prennent congé des pèlerins. Une haleine continue et légère souffle de la forêt vers le haut, mais on n' entend ni le bruissement de la masse obscure, ni son flux à travers les cavernes. Une cloche de la petite église franciscaine tinte dans la tristesse du cloître: et elle semble pleurer dans l' ombre, pleurer le jour qui se meurt.
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  Campana. Dino. Chants Orphiques. Paris: Éditions Allia, 2006, pp 60-61 (Traduit de l'italien et préfacé par David Bosc).
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